« Nous avons joué de la flûte et vous n’avez pas dansé »

Lc 7, 31-35 (Mercredi de la 24e semaine de l’Ordinaire).  On peut penser que cet Evangile, fera écho en Jn 1,11 (« Il est venu … et les siens ne l’ont pas accueilli »). Quelque chose se passe (un chant réclamant une danse), quelqu’un est là (le Christ) mais on fait comme si ce n’était pas le cas. L’Evangile nous met devant une sorte de déni de la réalité.

Ce refus de voir ou un regard « déformant » (« c’est un possédé » ou « c’est un glouton ») fausse totalement la relation établie et le comportement. Seuls les enfants, dans leur spontanéité, échappent à ce travers (même s’il faut reconnaître qu’eux aussi apprennent très vite…).

Le Christ s’est totalement exposé à la réalité avec tout ce qu’elle est. Nous sommes invités au même sens de la réalité…

« Un grand prophète s’est levé parmi nous… »

Lc 7,11-17 (Mardi de la 24e semaine de l’Ordinaire). Ce miracle et celui de la guérison de l’esclave du centurion sont les réponses anticipées à la question de Jean le Baptiste (Lc 7,19): « Es-tu celui qui doit venir? » La manière d’agir de Jésus suscite à la fois la question et donne la réponse. Mais seules les personnes qui connaissent l’Ecriture et peuvent mettre ces miracles en rapport avec ceux d’Elie (1R 17,17-24) et d’Elisée (2 R 4,32-37) saisissent ce qui se passe.

C’est la capacité de relier les événements entre eux qui permet de prendre leur mesure. En développant un « sens de la relecture », c’est-à-dire en se donnant le temps de relire les événements de nos journées, de nos vies, nous voyons se dessiner une cohérence qui peut nous permettre de reconnaître l’action de Dieu dans nos vies.

« …il lui envoya des notables juifs pour lui demander de venir… »

Lc 7,1-10 (Lundi de la 24e semaine de l’Ordinaire). Jésus vient de terminer un long enseignement devant le peuple. Il a parlé et maintenant un centurion lui fait demander d’agir. Le Christ et ce soldat ne se rencontrent pas et ne se « parlent » que par des intermédiaires. Malgré toutes leurs différences, malgré la distance, ils se comprennent et se respectent.

Cette confiance et ce respect permettent à Jésus d’agir. Mais ils « passent » par des intermédiaires: les notables, les amis. Sans eux rien ne se passe. L’Evangile nous invite peut-être à prendre conscience à la fois de notre besoin et parfois de notre rôle d’intermédiaire. Dieu veut aussi se servir de nous…

« Femme voici ton fils…. Voici ta mère… »

Jn 19,25-27 (Notre Dame des Douleurs). La souffrance est une réalité à laquelle chacun est confronté dans l’existence. Quand elle est physique, elle peut parfois être soulagée, voire supprimée; quand elle est morale ou psychologique, le remède est quelquefois plus difficile à trouver. Mais très souvent la douleur isole et conduit au replis sur soi.

L’Evangile d’aujourd’hui révèle un autre chemin; une douleur peut créer de nouveaux liens. La souffrance n’a peut-être pas disparu mais on ne la porte plus tout seul. De nouvelles perspectives peuvent s’ouvrir. Le Christ invite à tisser de nouvelles relations, demandons-lui de nous y aider.

« …Dieu a envoyé son Fils dans le monde… »

Jn 3, 13-17 (Fête de la Croix Glorieuse). En cette fête, nous sommes appelés à nous interroger sur le sens de la Croix. Comment un terrible supplice peut-il devenir un signe d’espérance? Seulement parce qu’il est signe de liberté et de solidarité. Liberté du Christ face au mal et à la violence au nom de sa mission. Solidarité du Christ en assumant notre faible condition jusqu’au bout. Mais la violence et la faiblesse n’ont pas le dernier mot. La Croix ne donne son sens et sa mesure qu’en lien avec la Résurrection. Ces deux mystères s’éclairent mutuellement.

Cette fête nous rappelle donc que nos limites et nos difficultés ne doivent jamais prendre toute la place dans nos existences. L’expérience de Dieu nous invite à porter un regard d’espérance sur les difficultés que nous rencontrons. Demain est déjà meilleur si nous l’abordons avec cette confiance…

« Heureux… »

Lc 6,20-26 (Mercredi de la 23e semaine de l’Ordinaire). Les « Béatitudes » sont à comprendre dans la foulée du choix des Douze. Ici, Jésus partage sa conception de la meilleure façon de vivre avec Dieu. Contrairement aux Pharisiens, pour lesquels la suite se vit en respectant scrupuleusement la Loi; contrairement à ceux qui voient  le meilleur chemin dans le développement de la vie intérieure, Jésus propose un chemin de relation et de liberté. Une intense relation à Dieu permet d’être plus libre par rapport aux difficultés de la vie.

A aucun moment, Jésus ne critique les autres chemins, ils ont chacun leur valeur, mais le plus sûr et le plus fécond  se fonde sur les relations qui rendent plus libre.

« ..il appela ses disciples et en choisit douze… »

Lc 6,12-19 (Mardi de la 23e semaine de l’Ordinaire). Luc situe le choix des Douze après l’épisode des épis arrachés (6,1-5) et après la guérison d’un homme à la main paralysée (6,6-11), donc dans un moment de fortes tensions avec les Pharisiens et les Scribes. Ceux qui deviennent les Apôtres ont déjà subi l’ire des détracteurs du Christ. Pour rendre témoignage de façon crédible, il faut aussi avoir eu une part aux difficultés du Christ.

Nous pensons souvent que les difficultés sont un problème, que la « normalité » est de ne pas les connaître. L’Evangile rappelle juste cette évidence, non seulement la difficulté et les tensions font partie de la vie mais elles font grandir. Nous n’avons pas à les chercher, elles viennent d’elles-mêmes…. mais nous sommes invités à porter sur elles un regard de foi. Elles n’ont pas le dernier mot.

« Les Scribes et les Pharisiens observaient Jésus »

Lc 6,6-11 (Lundi de la 23e semaine de l’Ordinaire). Un des aspects troublants de l’Évangile aujourd’hui, est la mauvaise intention des Scribes et des Pharisiens. Ils veulent utiliser la guérison d’un homme pour pouvoir accuser Jésus. Ils attendent un bien « objectif » avec une mauvaise intention.

Des événements se produisent, parfois ils nous conviennent, parfois ils nous dérangent. La part qui nous revient est l’interprétation que nous en faisons, ainsi que l’intention que nous manifestons dans cette interprétation. Il est bon de  nous interroger sur nos intentions profondes. Combien de tensions, de conflits pourraient facilement se résorber si nous étions plus au clair sur ce qui habite notre coeur. Cette lucidité et cette honnêteté sont des aides à demander.

« Le Fils de l’homme est maître du sabbat »

Lc 6,1-5 (Samedi de la 22e semaine de l’Ordinaire). Depuis le verset 29 du chapitre 5, les discussions que Jésus a avec les Pharisiens portent toutes sur la nourriture: avec qui manger; quand jeûner ou manger… S’alimenter est à la fois une nécessité et un moment privilégié de rapport social. Ainsi l’alimentation dit quelque chose du rapport à l’autre, au tout-autre et du rapport à soi.

Dans le passage évoqué par la liturgie aujourd’hui, le Christ rappelle que l’enjeu important pour lui est la vie et non une réglementation, si bien intentionnée soit-elle. Le rapport à soi et le rapport à l’autre doivent tendre à développer davantage de vie et ne peuvent être réduits à une conformité à des principes.

« Voici comment fut engendré Jésus-Christ… »

Mt 1,1-16.18-23 (Fête de la nativité de la Vierge Marie).  La Bible ne nous dit rien de la naissance de Marie. Mais sa présence dans la généalogie de son fils, inscrit ce dernier dans l’histoire du peuple d’Israël. Et lorsqu’on y regarde d’un peu plus près, on découvre que la généalogie ne comprend pas que des saints, tous n’étaient pas irréprochables. C’est pourtant dans l’histoire tourmentée de ce peuple que Dieu décide de rejoindre l’humanité.

L’événement que nous célébrons aujourd’hui, nous rappelle le choix fait par Dieu d’être solidaire avec l’humanité, dans ce qu’elle a de grand et parfois de médiocre. Dieu ne craint pas la faiblesse de l’humanité, il la rejoint pour l’aider à se dépasser.