« Il a perdu la tête »

Mc 3, 20-21 (Samedi, 2e semaine de l’ordinaire). Quel rôle joue l’ordinaire, le quotidien, la « normalité » de tous les jours dans notre vie spirituelle ? Pourchassé par les foules qui ont vu ses miracles, Jésus aimerait encore prendre le temps de manger, « à la maison », simplement. Pourquoi pas ? Il a bien voulu mener une vie tout à fait courante et anonyme durant 30 ans avant de partir prêcher, montrant qu’il n’y a aucun domaine de la vie humaine qui ne puisse pas être sanctifié.

Mais le quotidien vient aussi autrement frapper à sa porte, quand « les gens de chez lui » pensent qu’il a perdu la tête en partant en mission… Et nous, sommes-nous prêts à admettre l’incompréhension de nos proches, si Dieu nous appelle à partir au large de l’ordinaire qui nous a été a priori assigné ?

« … et il leur donna le nom de… »

Mc 3, 13-19 (Vendredi, 2e semaine de l’ordinaire). Image vivante du Dieu créateur, Jésus appelle « ceux qu’il veut » depuis les hauteurs symboliques de la montagne, et les envoie annoncer la bonne nouvelle et repousser le mal. Même s’il a apparemment tout dit et tout manifesté de Dieu dans sa propre vie, il appelle et envoie encore chacun d’entre nous, pour que nous collaborions à notre tour à cette mission parmi les hommes, toujours à renouveler.

Comme chacun des apôtres, nous avons un nom, une identité personnelle reçue à la naissance et à apprivoiser, à épanouir, à engager dans la mission. Mais Jésus donne aussi à certains un nouveau nom chargé d’une grande force symbolique, à « Pierre » notamment. Dans nos questionnements sur notre vocation personnelle, peut-être entendons nous aussi résonner au fond de nous un nom secret qu’il nous propose pour un nouveau départ, un développement possible de notre identité, encore inexploité…

« … une grande multitude de gens, venus de la Galilée, le suivirent »

Mc 3,7-12 (Jeudi de la 2e semaine de l’Ordinaire). Après cinq scènes polémiques, le passage d’aujourd’hui ouvre une partie narrative (Mc 3,7-6,6). Jésus a compris qu’un chemin nouveau doit être ouvert. Il rassemble autour de lui comme Jérusalem aurait dû le faire (Es 2,1-4). Ce n’est pas une pratique ou un lieu qui manifeste la présence de Dieu, mais une personne, ses gestes et ses paroles qui font vivre et libèrent.

« Cela n’est pas permis… »

Mc 2,23-28 (Mardi de la 2e semaine de l’Ordinaire). Voilà une fois encore, Jésus pris à parti par ses contradicteurs à cause de ses disciples qui, chemin faisant ont arraché des épis. Jésus répond par l’évocation de l’épisode de 1 Sam 21,2-7 où David et ses compagnons consomment des pains consacrés.

Cette liberté rappelle que le rôle de la Loi est d’être au service de l’humain et non le contraire. Il est toujours tentant de réduire la Loi à une série de choses permises et défendues. C’est choisir la commodité et la simplicité, mais pas l’esprit de cette même Loi.  Celle-ci est un chemin qui doit conduire à la vie, certes en disant des limites, mais qui ne peuvent être réduites à des listes d’actions permises et défendues. C’est moins simple et moins confortable… mais c’est la voie sur laquelle il nous faut avancer…

« … des jours viendront… »

Mc 2,18-22 (Lundi de la 2e semaine de l’Ordinaire). Dans cette discussion, il est question du temps opportun pour jeûner. Le jeûne n’est pas une fin en soi. Les Juifs jeûnent le jour de Yom Kippur, pendant un temps de deuil ou pour approfondir une demande, mais jamais comme une fin en soi. Et pour juger du bon moment, il faut en quelque sorte « sentir » les choses.

Jésus n’enferme pas ses disciples dans une succession de règles. Il les conduit à un sens du discernement. Cela implique à la fois d’être attentif à ce qui se passe et de ne pas se laisser « engloutir » par le moment présent. Il s’agit de vivre dans une sorte de « déjà et pas encore »… C’est une tension que Dieu seul permet de vivre avec fécondité et sans crispation…

« Ce ne sont pas les gens bien portants qui ont besoin du médecin »

Mc 2,13-17 (Samedi de la 1ère semaine de l’Ordinaire). Comme hier, nous trouvons un homme qui sort de ses habitudes et certitudes, qui bouge… pour suivre le Christ. Et là aussi, des observateurs, qui bougent un peu mais en fait restent pétrifiés dans leurs certitudes.

L’Evangile d’aujourd’hui nous invite peut-être à interroger nos certitudes, nos opinions toutes faites sur certaines questions. Nous paralysent-elles aussi parfois un peu…? Il ne s’agit pas de tout mettre en question, mais de prendre conscience de ce qui oppresse au lieu  de mettre en route.

« Pourquoi celui-ci parle-t-il ainsi? Il blasphème »

Mc 2,1-12 (Vendredi de la 1ère semaine de l’Ordinaire). Quatre hommes portent un  paralysé, pour qu’il puisse guérir. D’autres hommes, raisonnent en eux-mêmes et jugent… Il y a une volonté qui fait bouger et surmonter les difficultés et une autre qui reste sans mouvement et tente d’arrêter ceux qui veulent changer les choses.

Le Christ est du côté du mouvement et de la vie. Il s’oppose à l’immobilisme et au statu quo. Ressentir en nous ce mouvement pour un mieux est souvent une marque de l’action de l’Esprit Il est bon de discerner cette aspiration sur la durée mais Dieu se manifeste souvent par un tel souhait…

« Je le veux, sois purifié »

Mc 1,40-45 (Jeudi de la 1ère semaine de l’Ordinaire). L’Evangile d’aujourd’hui nous décrit une rencontre, mais une rencontre qui, selon les règles de la Loi, n’aurait pas dû avoir lieu. Un lépreux doit être évité, jamais rencontré… Et Jésus l’écoute, l’accueille.  Ainsi la Loi n’a pas le dernier mot, elle n’est pas le critère ultime de l’action.

Pour le Christ, l’important est la relation, même avec le lépreux. Une relation qui n’enferme pas l’autre dans sa maladie ou son isolement, mais une relation qui permet d’aller plus loin. Nos lèpres ne sont généralement pas physiques, mais elles nous empêchent d’aller simplement vers les autres; ce sont nos peurs, nos contradictions. Le Christ nous accueille avec elles et veut nous en libérer. Osons aller vers Lui.

« Tout le monde te cherche »

Mc 1,29-39 (Mercredi de la 1ère semaine de l’Ordinaire). L’action du Christ, ses guérisons, le font connaître. Ses auditeurs, même ses disciples voudraient qu’il en fasse plus encore. Mais Jésus ne se laisse pas griser; au coeur du « succès » il s’arrête pour prendre du temps pour prier et malgré les sollicitations, va plus loin, là où il n’a pas encore agit.

Cette attention à l’essentiel est aussi ce qui permet au Christ de ne pas se laisser griser par l’efficacité de sa prédication. Dans notre vie quotidienne, l’efficacité est souvent toute relative, mais l’exemple du Christ peut nous aider à garder le cap des priorités qui nous aides à être disponible aux autres…

« … il enseignait en homme qui a autorité »

Mc 1,21-28 (Mardi de la 1ère semaine de l’Ordinaire). D’emblée la différence entre Jésus et les scribes est mise en avant: les uns parlent et commentent, l’autre enseigne et agit avec autorité. La parole du Christ ne se contente pas de décrire et gloser mais est efficace.  Elle change la vie de ceux qui l’écoutent.

La parole du Christ l’engage et change la réalité vécue par ses auditeurs. Et notre parole, comment « opère-t-elle »? Nous pouvons nous en remettre à Lui pour nous aider à persévérer pour trouver une plus grande cohérence entre paroles et actes.