« Rends-moi justice… »

Lc 18,1-8 (Samedi de la 32e semaine de l’Ordinaire). Nous connaissons ce monde où l’injustice cohabite avec la droiture et l’aspiration à la probité. L’Evangile d’aujourd’hui nous montre que cette situation d’injustice est le moteur d’une prière et d’une action insistante.

Nous sommes parfois tentés de réduire la prière et la vie spirituelle à une sorte de « bonne intention » qui reste velléitaire. Luc nous montre que nous avons tort. L’aspiration à la justice doit motiver action et vie spirituelle. Ce devoir n’est toutefois pas « extérieur », il vient du fond de soi.  Comment aujourd’hui, l’entendre et lui donner sa place?

« … le jour où le fils de l’homme se révélera »

Lc 17,26-37 (Vendredi de la 32e semaine de l’Ordinaire). Plus nous approchons de la fin de l’année liturgique, plus les textes parlent du « retour du Fils de l’homme ». Jésus évoque les termes que marquent le déluge et la destruction de Sodome, comme représentants de tout dénouement. Lorsque nous sommes au terme d’un parcours, nous regardons en arrière et tentons de dégager l’essentiel: ce qui a bien été, ce qui pourrait être amélioré.

Ces semaines sont une occasion de reconnaître la valeur de ce que nous avons vécu: les rencontres, les activités qui nous ont nourries, et de nous interroger au sujet de ce qui nous a pesé. Peut-être pourrons-nous avec l’aide des autres et de Dieu apporter quelques changements…

« … comme l’éclair qui jaillit… »

Lc 17, 20-25 (Jeudi de la 32e semaine de l’Ordinaire). Qui n’a pas déjà éprouvé le désir de « cerner » le Royaume, de pouvoir dire « c’est ça! » ? Et souvent nous sommes bien moins ambitieux, nous voudrions déjà pouvoir être sûr d’avoir bien fait. Mais l’Evangile d’aujourd’hui nous rappelle que l’expérience de la présence de Dieu est quelque chose de furtif, qui comme un éclair, illumine la route pendant quelques instants.

Ne soyons pas déçu de cette discrétion. Nous recevons plus de « signes » que nous ne pensons, toutefois nous les ignorons souvent parce qu’ils sont fréquents. Il s’agit de prêter attention aux paroles d’encouragement, aux regards, aux attentions qui « illuminent » notre quotidien. C’est aussi le langage de Dieu…

« En cours de route, ils furent purifiés »

Lc 17,11-19 (Mercredi de la 32e semaine de l’Ordinaire). La guérison ne s’opère pas immédiatement, les lépreux doivent d’abord se mettre en route pour l’expérimenter. Elle a lieu au cours d’un déplacement animé par une parole.

Partir avec une simple parole n’est pas facile, même si elle vient de Jésus. Mais l’Evangile nous enseigne ainsi que que chacun a sa part dans la guérison. Si petite soit-elle, une contribution revient à la personne qui attend un rétablissement. Elle ne peut rester dans la passivité. La grâce agit dans la mesure où une place lui est faite, une disponibilité offerte.   Il nous faut parfois oser ce saut dans l’inconnu mais fortifiés par une parole: « Va! »

« Lequel d’entre vous…? »

Lc 17,7-10 (Mardi de la 32e semaine de l’Ordinaire). Dans ce passage de l’Evangile, Jésus marque des différences. Le serviteur n’est pas le maître, à chacun son rôle, à chacun son devoir. Il ne s’agit pas de sceller un ordre social à partir de ce récit mais plutôt d’éviter une confusion et d’assurer un fonctionnement.

Dans nos vies également, « cela » ne fonctionne que si nous savons établir des priorités et les respecter. Ceci est aussi vrai dans notre vie spirituelle et relationnelle où les temps, les rythmes permettent de persévérer et d’approfondir les liens qui nous font vivre.

« … si …sept fois de suite il revient à toi… »

Lc 17,1-6 (Lundi de la 32e semaine de l’Ordinaire). Etre offensé, pardonner, même sept fois par jour… Nous sommes devant un des passages les plus exigeants de l’Evangile. Face à cette rigueur les disciples demandent plus de foi. Et ils ont raison! Vivre un tel détachement par rapport aux souffrances vécues n’est pas à notre portée.

C’est aussi ce qu’il faut comprendre: il ne s’agit pas de pardonner « à la force du poignet », ou de pardonner sans qu’il y ait repentir, mais de vivre une dynamique, de tendre vers ce but. Je pense qu’il y a des situations dans lesquelles le pardon n’est pas immédiatement possible. Les blessures ont été trop profondes pour être apaisées  par un pardon de convenance. Mais il est important de pouvoir laisser une chance à l’avenir. Au moins pouvoir se dire: « avec l’aide de Dieu, un jour… » Et oser demander cette aide.

« Vous ne pouvez pas servir à la fois Dieu et l’argent »

Lc 16,9-15 (Samedi de la 31e semaine de l’Ordinaire). Dans ces versets, Jésus donne quelques éléments de réflexion sur l’argent. Il n’élabore pas un code précis du permis ou défendu mais rappelle que l’argent est un moyen. Mais un moyen qui révèle et met à nu la personne qui l’utilise. Nos aspirations au pouvoir, à la reconnaissance, nos priorités sont dévoilées par l’emploi que nous faisons de l’argent.

Il n’y a pas lieu d’avoir peur mais d’être conscient de ce qui se passe. Et peut-être à rétablir les priorités en se demandant ce que révèle notre usage des moyens qui sont les nôtres (argent, connaissance, pouvoir, etc). Et de nous demander comment elles contribuent à faire grandir la liberté autour de nous et nous rapprochent des autres et de Dieu…

« Les fils de ce monde sont plus habiles entre eux que les fils de la lumière »

Lc 16,1-8 (Vendredi de la 31e semaine de l’Ordinaire). Dans cette parabole, Jésus ne fait pas l’éloge de la corruption de l’intendant (c’est exactement pour cela que son maître le renvoie), mais pour sa capacité à réagir rapidement et à utiliser les biens dont il dispose pour assurer son futur. Il ne se laisse pas « abattre » par les difficultés. A cet exercice, les fils de ce monde sont plus habiles que les fils de la lumière.

Croire ne signifie pas être passif ou tétanisé face aux événements mais établir des relations qui permettent d’avancer malgré les difficultés…

« … lui parlait du sanctuaire de son corps »

Jn 2,13-22 (Dédicace de la Basilique du Latran). Le Temple de Jérusalem était le centre et quasi l’incarnation de la présence de Dieu pour son peuple. Chez Jean, l’épisode de la purification du Temple se situe au début du ministère de Jésus. Elle présente, en quelque sorte, le programme du Christ. Mais surtout, Jésus s’identifie au Temple.

Tout le système très ritualisé du Temple est remplacé par le Christ. Etre en relation avec lui, équivaut à sacrifier au Temple. Avec Jésus, il ne s’agit pas tant de faire, de se priver, que d’être avec. En mettant le Christ au centre de notre vie, nous accomplissons ce qui permet d’être en relation avec Dieu. Et si on essayait de lui donner quelques minutes chaque jour…?

« Si quelqu’un vient à moi sans me préférer à son père… »

Lc 14,25-33 (Mercredi de la 31e semaine de l’Ordinaire). Dans le passage de l’Evangile d’aujourd’hui, le Christ nous parle des relations qui « structurent » notre vie: les parents, notre conjoint, nos enfants, on pourrait ajouter nos amis, nos connaissances… Chaque étape de la vie est marquée par des relations qui influencent nos existences.

Le Christ souligne qu’au-delà de toutes ces relations nécessaires, il y en a une qui doit rester déterminante tout au long de notre vie et peut en assurer la cohérence malgré les changements et les bouleversements : la relation à Dieu. C’est avec Lui et en Lui que tout ce qui bouge et change en nous et autour de nous peut garder une cohérence et nous donner la sérénité.