« Venez à ma suite… »

Mt 4,18-22 (Fête de s. André). La fête d’un martyr est l’occasion de réfléchir sur le sens de ce témoignage radical que représente le don d’une vie au nom de la foi en Jésus-Christ. Rares sont ceux qui sont appelés au sacrifice suprême, en tout cas dans les pays d’Europe. Mais chacun est appelé à témoigner à travers les vicissitudes et les contrariétés de la vie quotidienne. C’est là un « martyre » certes moins exigeant mais par lequel passe aussi le témoignage.

Les grands témoins peuvent ainsi nous aider à assumer plus sereinement les difficultés et les exigences de notre quotidien.

« C’est par votre persévérance que vous garderez votre vie »

Lc 21-12-19 (Mercredi de la 34e semaine de l’Ordinaire). Le Christ rappelle aux disciples qu’ils vont rencontrer des difficultés qui seront autant d’occasions de rendre témoignage.

Spontanément nous voyons les difficultés comme des obstacles, et elles le sont bien, mais le Christ invite à une confiance qui naît de la relation avec Lui. Ce qui ne va pas comme nous le voudrions peut présenter une opportunité et pas seulement une entrave au bon déroulement des choses.

Dans cette dernière semaine de l’année liturgique et à l’aurée de la nouvelle nous regardons parfois en arrière et jugeons que telle ou telle chose n’a pas été. Essayons de porter ce regard d’espérance… il y a là, peut-être, une occasion de découvrir autre chose…

« Ce que vous contemplez, des jours viendront… »

Lc 21,5-11 (Mardi de la 34e semaine de l’Ordinaire). Jésus commence ici son dernier discours. Il y utilise des images et des formules qui nous déroutent peut-être un peu puisqu’il y est question de destructions et de guerres. Le message est qu’il ne faut pas s’attacher aux choses extérieures parce qu’elles passent. Le monde est fragile, nous-mêmes le sommes, ce sont les relations qui sauvent, pas les attachements.

Trouver un juste rapport aux choses et aux personnes, en se fondant sur la relation qui peut tout traverser, celle que nous entretenons avec Dieu.

« Jésus vit aussi une veuve misérable… »

Lc 21,1-4 (Lundi de la 34e semaine de l’Ordinaire). Depuis la fin du chapitre 19, Luc nous présente Jésus enseignant au Temple. Ce faisant, il lève les yeux et voit ceux qui font des offrandes. Il accomplit le même geste que pour Zachée. Et dans les deux situations, il relève celui ou celle qu’il regarde. Le regard du Christ révèle le meilleur des personnes.

Ce passage est peut-être une occasion pour nous interroger sur notre manière de regarder les situations et les personnes. Comment « levons-nous les yeux »?

« Ma maison sera une maison de prière »

Lc 19,45-48 (Vendredi de la 33e semaine de l’Ordinaire). Dans la vie de Jésus, le Temple a marqué une première étape de la manifestation de son lien au Père (Lc 2,22; 41-52). Et maintenant à la fin de son parcours, Jésus réaffirme ce lien. Ce retour prend la forme d’une purification, d’une attestation de l’essentiel.

Nous approchons de la fin de l’année liturgique, une occasion de réfléchir sur ce qui est important et ce qui l’est moins. Un petit travail de « purification » en quelque sorte. Il ne s’agit pas de trouver des résolutions, mais bien plus de voir les cohérences et les confusions que le temps, les habitudes de ces derniers mois manifestent. Et dans la confiance, changer ce qui peut l’être…

« … viendront pour toi les jours… »

Lc 19, 41-44 (Jeudi de la 33e semaine de l’Ordinaire). Le passage d’aujourd’hui nous présente un paradoxe. D’une part, Jésus monte à Jérusalem et y sera condamné, de l’autre il prononce une sentence sur la ville, comme le fait celui qui a autorité sur elle. Apparemment, la ville aura le dernier mot, Jésus sera crucifié. Mais la Résurrection et la destruction de Jérusalem viendront confirmer l’autorité de Jésus. D’un point de vue exégétique, cette affirmation un peu rapide présente quelques difficultés, mais nous nous situons à un autre niveau.

Luc nous dit que Dieu s’engage dans l’Histoire et pas hors d’elle. Il rappelle que notre vie est lieu de rencontre et de présence de Dieu. Nous ne pouvons nous contenter de le  chercher dans les livres, nous sommes appelés à porter ce regard de foi et d’espérance sur notre monde…

« Pendant mon voyage, faites de bonnes affaires »

Lc 19,11-28 (Mercredi de la 33e semaine de l’Ordinaire). Cette parabole des talents est introduite par la guérison de l’aveugle et la rencontre avec Zachée. Jérusalem est proche! Les disciples sont tentés de croire que tout va changer avec le Jugement. Or Jésus rappelle que le trésor a été transmis; aux serviteurs de le faire connaître et fructifier!

C’est la situation dans laquelle nous nous trouvons tous: annoncer et témoigner là où nous sommes. Il s’agit plus d’un état d’esprit que d’une prédication à tous les vents. Faire tout ce que nous faisons avec le Christ comme référence. Et surtout ne pas juger nous-mêmes de la « fécondité » de ce que nous faisons. Celle-ci n’appartient qu’à Dieu, le jugement sur nous-mêmes nous conduit à la peur et paralyse. Agissons dans la confiance.

« Jésus leva les yeux »

Lc 19,1-10 (Mardi de la 33e semaine de l’Ordinaire). Zachée est « pris » par sa curiosité. Voulant mieux connaître Jésus, mais sans vraiment prendre de risque, cet homme grimpe sur un arbre pour voir sans être vu… Mais Jésus le voit, lui parle et sa vie bascule…

Nos vies peuvent changer après un regard, un parole. Parfois ils nous construisent, comme celui du Christ posé sur Zachée, parfois ils nous détruisent. Essayons de discerner la force des paroles et des regards, ceux que nous posons et ceux que nous recevons. Seuls ceux qui nous construisent et permettent aux autres de le faire, témoignent de Dieu.

« … que je retrouve la vue… »

Lc 18, 35-43 (Lundi de la 33e semaine de l’Ordinaire). Cette guérison s’inscrit dans le contexte de la montée vers Jérusalem, de la Passion. Les actes que Jésus accomplit dans cette montée présentent des « signes » du Royaume qui vient. Ils se manifestent par la rencontre en vérité, où un besoin est exprimé.

Chaque fois que nous nous tournons vers Dieu, malgré les difficultés, les doutes, une telle rencontre se réalise. Nous n’obtenons pas toujours ce que nous demandons, mais en laissant Dieu y avoir part, nous gagnons en liberté et en vitalité, comme l’aveugle de Jéricho.

« Rends-moi justice… »

Lc 18,1-8 (Samedi de la 32e semaine de l’Ordinaire). Nous connaissons ce monde où l’injustice cohabite avec la droiture et l’aspiration à la probité. L’Evangile d’aujourd’hui nous montre que cette situation d’injustice est le moteur d’une prière et d’une action insistante.

Nous sommes parfois tentés de réduire la prière et la vie spirituelle à une sorte de « bonne intention » qui reste velléitaire. Luc nous montre que nous avons tort. L’aspiration à la justice doit motiver action et vie spirituelle. Ce devoir n’est toutefois pas « extérieur », il vient du fond de soi.  Comment aujourd’hui, l’entendre et lui donner sa place?