« ….Anne proclamait les louanges de Dieu… »

Lc 2,36-40 (6e jour dans l’octave de Noël). Anne, la prophétesse parle pour Dieu. Luc ne nous transmet pas ses paroles, mais elles sont louanges et promesses de délivrance. Ce sont là des critères de discernement pour reconnaître une parole qui vient de Dieu et non des hommes. Dieu tourne l’humanité vers un avenir qui donne confiance.

En ces jours où nous approchons d’une nouvelle année avec les bilans du passé et l’inconnu de l’avenir, il est bon de nous souvenir que Dieu conduit à la confiance et l’espérance, malgré toutes les inquiétudes… 

« …les parents de Jésus l’amenèrent à Jérusalem… »

Lc 2, 22-35 ( 5e jour de l’Octave de Noël). Après la naissance qui marque l’entrée du Christ dans l’humanité, il assume la condition de Juif avec la présentation au Temple. La naissance est une étape fondamentale dans l’Incarnation, mais le Christ réalise cette humanité en en assumant toujours de nouveaux aspects.

Cette étape nous invite à réfléchir sur notre propre « humanisation ». Elle ne s’accomplit pas une fois pour toutes, il nous faut la développer tout au long de notre existence. Les aisances et la légerté du début seront nuancées par les difficultés que rencontrons durant toute notre vie. Même à un âge avancé il nous faut nous « humaniser » en réapprenant une forme d’humour et de légèreté face aux inconforts de l’âge. A chacune des étapes de nos vie, il nous faut découvrir comment avancer pour nous « humaniser » et aider les autres à le faire… A l’exemple du Christ….

« Il vit et il crut »

Jn 20, 2-8 (Fête de s. Jean). Voir et croire. Voir que tout est autrement que prévu. Se laisser interroger par l’inattendu. L’expérience de Jean montre que cette ouverture à l’imprévu permet de traverser les difficultés et de découvrir de la vie où apparemment il n’y a que du vide.

Le tourbillon des fêtes peut nous laisser un sentiment de vacuité. « Comment continuer… que nous réserve l’avenir…? » En regardant l’attitude de Jean, n’hésitons pas à demander l’aide nécessaire pour traverser ces questions et en découvrir la fécondité…

« Quand on vous livrera, ne vous inquiétez pas… »

Mt 10,17-22 (Fête de s. Etienne). A peine la naissance du Christ a-t-elle été fêtée, déjà nous célébrons le premier martyr. La dure réalité de la condition du croyant n’est jamais loin de la joie.

Nous sommes facilement tentés de croire que la foi devrait permettre de vivre avec plus de  légèreté et peut-être même de nous épargner certaines difficultés. La fête d’aujourd’hui rappelle que la foi aide à traverser les difficultés, mais ne nous extrait pas de la réalité. Il ne faut ni s’en effrayer, ni s’en offusquer. Croire c’est prendre notre vie et notre monde à bras-le-corps, se réjouir de ce qui est beau et bon en rendant grâce à Dieu, et demander la force de traverser les difficultés que tôt ou tard nous rencontrerons.

« Au commencement était le Verbe… »

Jn 1, 1-18 (La Nativité du Seigneur). Tout commence avec une Parole. Avant toute chose, Dieu parle. L’activité créatrice de Dieu commence avec la Parole. Dans le livre de la Genève, elle met de l’ordre, donne aux différents éléments leur place, de sorte que la vie puisse se développer. Dieu parle pour que le monde  reçoive un sens, un espace qui permette la vie.

En ces jours où nous écrivons et parlons pour dire et souhaiter le meilleur pour les fêtes, il peut être intéressant de nous demander ce que nos paroles et celles que nous recevons « créent », quel espace elles donnent. Quel vie elles promeuvent…

« Que sera donc cet enfant? »

Lc 1,57-66 (23 décembre). Le mystère plane autour de l’avenir de l’enfant à naître. Que deviendra-t-il? Que fera-t-il? Chaque vie est marquée par ces incertitudes. En  nommant l’enfant, il reçoit une identité qu’il lui faudra réaliser au cours de sa vie. Un nom fait exister et situe, même en rupture comme ici puisqu’il est le premier à porter ce nom.

Et malgré ces « déterminismes » du nom et du lien, chacun est appelé à réaliser cette identité. C’est le chemin de toute vie avec ses succès et ses échecs. Notre identité n’est jamais achevée, elle se forge jusqu’au dernier souffle. En cette journée qui précède la fête, nous pouvons peut-être remettre avec confiance nos succès et nos échecs de ces derniers mois… rien n’est perdu…

« Marie rendit grâce au Seigneur en disant… »

Lc 1, 46-56 (22 décembre). Le Magnificat nous montre un monde à l’envers. Les humbles, les pauvres reçoivent la première place. L’irruption de Dieu dans la vie change les perspectives et les valeurs.

En ces jours où nous sommes confrontés à un monde qui scintille et où le bonheur semble pouvoir s’acheter ou au contraire nous parait particulièrement soucieux, le chant de Marie nous invite à nous rappeler l’essentiel. Puissent ces jours ne pas nous engloutir dans le stress, et souvenons-nous de ce que dit l’Evangile d’aujourd’hui….

« D’où m’est-il donné que la mère de mon Seigneur vienne jusqu’à moi? »

Lc 1, 39-45 (21 décembre). Dieu vient jusqu’à nous… Il n’est pas ailleurs, où c’est mieux et plus confortable. C’est au coeur de la réalité que nous vivons qu’il veut être. La foi en l’Incarnation dit cette volonté de proximité de Dieu, mais aussi la valeur de notre condition humaine. En l’assumant, Dieu nous invite à porter un regard d’espérance sur l’humanité en général et la nôtre en particulier.

Ces jours de fin d’année sont souvent marqués par l’agitation et les tensions. Professionnellement et en privé nous faisons des « bilans » et jugeons de ce qui s’est passé. Nous voyons le positif…, ce qui a moins bien été… Souvent c’est une sorte de déception qui domine… Il aurait fallu, on aurait pu… La fête de Noël est là pour nous inviter à porter le regard de Dieu, plein d’espérance, sur notre vie. C’est aussi cela que nous rappelle l’Evangile d’aujourd’hui.

« … la puissance du Très-Haut te prendra sous son ombre… »

Lc 1, 26-38 (20 décembre). Lorsque l’on a passé quelque temps dans le désert, on ne peut être que fasciné par l’ombre dont il est question dans l’Evangile d’aujourd’hui. Elle est à la fois le signe d’une présence et d’une distance. Elle ne peut se projeter que s’il y a un espace entre l’objet et ce sur quoi elle est visible. Ainsi Dieu se fait à la fois proche et infiniment respectueux de Marie.

Cette présence délicate permet à Marie de donner son « oui », elle n’est pas écrasée ni laissée à l’abandon, une délicatesse dont nous pouvons apprendre….

« … ta femme Elisabeth mettra au monde pour toi un fils… »

Lc 1, 5-25 (19 décembre).  Nous comprenons très bien la question de Zacharie, il demande juste à savoir comment la promesse sera accomplie… Mais c’étaient les mots de trop. Ne plus avoir de mots est parfois la seule façon de respecter le mystère.

Dieu traverse des situations qui paraissent sans issue. Il met de la vie où à vue humaine, il n’y a plus rien. Avec les fêtes qui approchent et qui souvent nous mettent face à un avenir qui reste plein d’interrogations, il est bon de se rappeler la volonté et la capacité de Dieu de nous rejoindre même là où tout paraît bouché…